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All That You Can't Leave Behind

Written by on November 21, 2006 – 2:11 am2 Comments | 242 Read this

Aujourd’hui, 3% de la pop­u­la­tion mon­di­ale vit ailleurs que dans son lieu de nais­sance, c’est à dire 191 mil­lions de per­sonne. Une per­sonne sur cinquante-cinq est un migrant … Non, les hordes d’étrangers ne sont pas en train de nous envahir, je vous ras­sure, la dynas­tie des Yuan et de Gengis Khan est belle et bien tombée !

Pays d’immigration

Three per­cent of the world pop­u­la­tion in 2000 were born in a ter­ri­tory dif­fer­ent to where they now live: one hun­dred and seventy-four mil­lion peo­ple have moved to a new ter­ri­tory. The United States receives the high­est num­ber of inter­na­tional immi­grants (peo­ple born in another ter­ri­tory and no longer res­i­dent there), how­ever Andorra has high­est pro­por­tion of immi­grants liv­ing within its bor­ders. Four out of every five peo­ple in Andorra are inter­na­tional immi­grants. In the Philip­pines and Guyana, ter­ri­to­ries expe­ri­enc­ing some of the low­est immi­gra­tion, only one per­son in every 500 is an inter­na­tional immi­grant. (Worldmap­per)

Il est intéres­sant d’ailleurs de voir les tableaux des sta­tis­tiques, d’après l’Organ­i­sa­tion Inter­na­tionales des Migrations:

Les trois pays en tête en ce qui con­cerne l’accueil des migrants sont donc l’Europe (où l’ex-URSS est inclue !), l’Asie et l’America du Nord, terre d’accueil traditionnelle.

Sur­prise sur­prise, quand on regarde les sta­tis­tiques des pays accueil­lant le plus d’immigrants, les USA sont encore en tête, suivis par l’ex-URSS. On peut voir ici que les migra­tions con­cer­nent tous les pays, y com­pris ceux aux­quels on ne pense pas immé­di­ate­ment quand on évoque l’immigration, comme l’Ukraine et l’Arabie Saou­dite.<

Encore une fois, pas for­cé­ment les pays aux­quels on pense, et dont on stig­ma­tise les habitants…

Coun­tries where inter­na­tional migrants made up more than 60 per cent of the pop­u­la­tion in 2000

  • Andorra
  • Macao
  • Guam
  • The Holy See
  • Monaco
  • Qatar
  • United Arab Emirates

Auriez-vous pensé à ces pays ? Moi non !

Il parait évident qu’il n’existe pas une sorte d’immigrants, mais plusieurs… De même leurs motifs sont mul­ti­ples. Les théoriciens des migra­tions inter­na­tionales les classent en deux caté­gories : les “push fac­tors” et les “pull fac­tors”.

Les Push-factors sont des con­di­tions sociales ou écologiques dans le pays nat­ifs qui inci­tent ses habi­tants à émigrer.

Les Pull-factors sont le con­traire : ce terme décrit les inci­ta­tions (économiques, sociales..) à vivre dans un autre pays que le sien.

Voici quelques fac­teurs qui sont à la racine des migra­tions internationales :

  • Economiques : recherche de tra­vail, d’un meilleur avenir, échap­per à la pau­vreté endémique et aux dif­férences nord-sud
  • Poli­tiques : per­sé­cu­tions, net­toy­age eth­nique, géno­cides, guer­res civiles…
  • Per­son­nels : pren­dre sa retraite dans un pays chaud, trans­fert de patriotisme…
  • Famil­i­aux : rejoin­dre la famille déjà instal­lée à l’étranger, cou­ples multiraciaux
  • Tous ces immi­grants appor­tent avec eux leur bagage : richesse cul­turelle, éduca­tion, langue… Ils se regroupent sou­vent par eth­nies (voir les Chi­na­town, les Lit­tle Italy et autres à tra­vers le monde !), mais en même temps, s’acclimatent et s’intègrent dans leur pays d’accueil.

    On est tous for­maté par notre cul­ture : les moeurs étrangères à notre rang social, à notre société nous parais­sent tan­tôt bar­bares tan­tôt exo­tiques. Il en est de même pour celui qui voit soudain sa vie boulever­sée par son instal­la­tion en pays étranger. Une langue dif­férente qu’on ne maitrise pas for­cé­ment autant qu’on le voudrait, une cul­ture qu’il qui peut aparaitre impéné­tra­ble au pre­mier abord, cer­tains s’adaptent tout de suite, d’autres vont au con­traire se réfugier dans leur cul­ture d’origine, devenant ainsi “plus roy­al­istes que le roi”. Ce sont sou­vent ceux-ci qui en arrivent à renier leur héritage culturel…

    Car immi­grer sup­pose d’avoir réglé ses comptes avec son pays d’origine. Ressen­ti­ment, com­para­isons néga­tives et autres n’apporteront que frustration.

    Mais doit-on pour autant pra­ti­quer l’assimilation totale dans le pays d’accueil ?

    Ah cette fameuse assim­i­la­tion, elle est bien à la mode en ce moment… Quand on ne peut pas met­tre tous les mal­heurs du monde sur le dos des étrangers, on les fout sur leurs enfants ou petits-enfants, pour­tant “chez eux”.

    Alors quand cesse-t-on d’être un immi­grant ? Quand est-on assimilé ?

    Légale­ment, quand on acquière la nation­al­ité du pays d’accueil. Mais vis à vis de ses nou­veaux concitoyens ?

    Pour cer­tains, on est un citoyen du pays où on a immi­gré quand on vote, quand on a un passeport.

    Pour cer­tains, on est un citoyen quand on est assim­ilé, quand on vit comme les autochtones.

    Mais que dire des pays où le nom­bre d’immigrés est impres­sion­nant, comme les USA ou le Canada ?

    Cha­cun finale­ment va façon­ner le pays, comme l’ont faites les vagues précé­dentes d’immigrés. C’est sou­vent le cas dans un pays neuf.

    Est-ce qu’au nom de l’assimilation, je dois voter comme mes voisins, suivre les autochtones dans leurs men­tal­ités, dans leurs erreurs éventuelles ? Si M. X, orig­i­naire du Costa Rica, le seul pays au monde à ne pas avoir d’armée, immi­gre aux USA en ce moment, est-ce qu’il doit se met­tre à foutre des dra­peaux améri­cains sur sa porte et un auto­col­lant “sup­port our troops” au cul de son big SUV ? Si j’immigre en Ara­bie Saou­dite, est-ce que je vais appli­quer les règles ultra-répressives avec ma femme, mes filles ? Si j’immigre au Vat­i­can, dois-je me con­ver­tir ? Est-ce que je dois choisir mon camp dans cette dis­pute cen­te­naire entre anglo­phones et fran­coph­o­nes au Canada, juste pour m’assimiler, pour me sen­tir comme cer­tains autochtones ? Est-ce que je dois con­sid­érer la sauve­g­arde du fran­cais comme ma pri­or­ité numéro 1 ? Est-ce que je dois faire une dizaine d’enfants pour la démographie ?

    J’ai pas envie de ren­trer dans ce jeu-là, est-ce que je suis si mau­vaise “immi­grante future cana­di­enne” que ca ?

    Je ne suis de nature absol­u­ment pas patri­o­tique, et je ne me recon­nais pas dans des valeurs nationales en générales. En France comme au Canada… Je n’ai pas envie de me bat­tre pour des valeurs qui pro­nent un peu trop sou­vent à mon gout l’exclusion d’une chose au profit d’une autre.

    Et juste­ment, ce qui me plait au Canada, c’est cette mosaique de cul­tures qui se jux­ta­posent, qui échangent et emprun­tent l’une à l’autre. Cer­tains diront que le Canada n’a plus d’identité, moi je dis que c’est son iden­tité juste­ment d’être différent.

    J’ai du mal avec les fêtes nationales, quelles qu’elles soient, les défilés mil­i­taires au pas de l’oie, les étalages de “chez nous c’est vache­ment mieux”. J’ai aussi du mal avec le con­cept de fron­tières, mais c’est une autre his­toire… Est-ce que c’est du à mon héritage européen, un mélange de remords colo­nial­iste mal digéré et des fron­tières de plus en plus poreuses et mou­vante, avec la con­struc­tion de l’Europe ?

    J’ai beau­coup voy­agé, j’ai eu de la chance. J’ai vu des fron­tières, des morceau de bois en tra­vers d’une route, des mecs de 16–17 ans avec des machette et des fusils. Sympa, le plus sou­vent. Mais on n’oubliais pas non plus que des gens étaient morts en voulant passer de l’autre coté de la route… et cette route parais­sait la même pour nous, qu’on soit du coté sud ou du coté nord ! Pour nous, étranger, cela parais­sait presque sur­réal­iste, que deux pays si proches, que ce soit au niveau de la langue, de la cul­ture, de leurs ancêtres, puisse ériger une fron­tière là qui cause tant d’ennuis et de malheurs.

    D’un coté de la fron­tière, la richesse, de l’autre, la pau­vreté… Le Mex­ique et les USA, Hong Kong et la Chine con­ti­nen­tale, la Bolivie et l’Argentine (quand y’a pas de crise économique…), Le Pérou et le Chili… Oui, j’ai du mal avec ce con­cept. T’as de la chance d’être né du bon coté… ou non. T’as pas demandé une fron­tière entre les peu­ples, mais tu l’as, là, et pas qu’en bois.

    Moi ca me dépasse. Ca m’a enlevé la fierté d’être fran­caise. Idem pour le Canada. Je suis con­tente d’y vivre, je serai bien obligée de chanter l’hymne un jour, mais je préfère me dire que tout ce que j’essaie de faire ici, ma petite vie, celle des gens qui m’entourent et de ceux qui crois­eront ma route, béné­ficiera à tout le monde, sans dif­férence de peau, de nord/ sud ou d’origine.

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