All That You Can’t Leave Behind

Google+ Pinterest LinkedIn Tumblr +
SPONSORED LINKS END OF SPONSORED LINKS

Aujourd’hui, 3% de la population mondiale vit ailleurs que dans son lieu de naissance, c’est à dire 191 millions de personne. Une personne sur cinquante-cinq est un migrant … Non, les hordes d’étrangers ne sont pas en train de nous envahir, je vous rassure, la dynastie des Yuan et de Gengis Khan est belle et bien tombée !

Pays d’immigration

Three percent of the world population in 2000 were born in a territory different to where they now live: one hundred and seventy-four million people have moved to a new territory. The United States receives the highest number of international immigrants (people born in another territory and no longer resident there), however Andorra has highest proportion of immigrants living within its borders. Four out of every five people in Andorra are international immigrants. In the Philippines and Guyana, territories experiencing some of the lowest immigration, only one person in every 500 is an international immigrant. (Worldmapper)

Il est intéressant d’ailleurs de voir les tableaux des statistiques, d’après l’Organisation Internationales des Migrations:

Les trois pays en tête en ce qui concerne l’accueil des migrants sont donc l’Europe (où l’ex-URSS est inclue !), l’Asie et l’America du Nord, terre d’accueil traditionnelle.

Surprise surprise, quand on regarde les statistiques des pays accueillant le plus d’immigrants, les USA sont encore en tête, suivis par l’ex-URSS. On peut voir ici que les migrations concernent tous les pays, y compris ceux auxquels on ne pense pas immédiatement quand on évoque l’immigration, comme l’Ukraine et l’Arabie Saoudite.<

Encore une fois, pas forcément les pays auxquels on pense, et dont on stigmatise les habitants…

Countries where international migrants made up more than 60 per cent of the population in 2000

  • Andorra
  • Macao
  • Guam
  • The Holy See
  • Monaco
  • Qatar
  • United Arab Emirates

Auriez-vous pensé à ces pays ? Moi non !

Il parait évident qu’il n’existe pas une sorte d’immigrants, mais plusieurs… De même leurs motifs sont multiples. Les théoriciens des migrations internationales les classent en deux catégories : les “push factors” et les “pull factors“.

Les Push-factors sont des conditions sociales ou écologiques dans le pays natifs qui incitent ses habitants à émigrer.

Les Pull-factors sont le contraire : ce terme décrit les incitations (économiques, sociales..) à vivre dans un autre pays que le sien.

Voici quelques facteurs qui sont à la racine des migrations internationales :

  • Economiques : recherche de travail, d’un meilleur avenir, échapper à la pauvreté endémique et aux différences nord-sud
  • Politiques : persécutions, nettoyage ethnique, génocides, guerres civiles…
  • Personnels : prendre sa retraite dans un pays chaud, transfert de patriotisme…
  • Familiaux : rejoindre la famille déjà installée à l’étranger, couples multiraciaux
  • Tous ces immigrants apportent avec eux leur bagage : richesse culturelle, éducation, langue… Ils se regroupent souvent par ethnies (voir les Chinatown, les Little Italy et autres à travers le monde !), mais en même temps, s’acclimatent et s’intègrent dans leur pays d’accueil.

    On est tous formaté par notre culture : les moeurs étrangères à notre rang social, à notre société nous paraissent tantôt barbares tantôt exotiques. Il en est de même pour celui qui voit soudain sa vie bouleversée par son installation en pays étranger. Une langue différente qu’on ne maitrise pas forcément autant qu’on le voudrait, une culture qu’il qui peut aparaitre impénétrable au premier abord, certains s’adaptent tout de suite, d’autres vont au contraire se réfugier dans leur culture d’origine, devenant ainsi “plus royalistes que le roi”. Ce sont souvent ceux-ci qui en arrivent à renier leur héritage culturel…

    Car immigrer suppose d’avoir réglé ses comptes avec son pays d’origine. Ressentiment, comparaisons négatives et autres n’apporteront que frustration.

    Mais doit-on pour autant pratiquer l’assimilation totale dans le pays d’accueil ?

    Ah cette fameuse assimilation, elle est bien à la mode en ce moment… Quand on ne peut pas mettre tous les malheurs du monde sur le dos des étrangers, on les fout sur leurs enfants ou petits-enfants, pourtant “chez eux”.

    Alors quand cesse-t-on d’être un immigrant ? Quand est-on assimilé ?

    Légalement, quand on acquière la nationalité du pays d’accueil. Mais vis à vis de ses nouveaux concitoyens ?

    Pour certains, on est un citoyen du pays où on a immigré quand on vote, quand on a un passeport.

    Pour certains, on est un citoyen quand on est assimilé, quand on vit comme les autochtones.

    Mais que dire des pays où le nombre d’immigrés est impressionnant, comme les USA ou le Canada ?

    Chacun finalement va façonner le pays, comme l’ont faites les vagues précédentes d’immigrés. C’est souvent le cas dans un pays neuf.

    Est-ce qu’au nom de l’assimilation, je dois voter comme mes voisins, suivre les autochtones dans leurs mentalités, dans leurs erreurs éventuelles ? Si M. X, originaire du Costa Rica, le seul pays au monde à ne pas avoir d’armée, immigre aux USA en ce moment, est-ce qu’il doit se mettre à foutre des drapeaux américains sur sa porte et un autocollant “support our troops” au cul de son big SUV ? Si j’immigre en Arabie Saoudite, est-ce que je vais appliquer les règles ultra-répressives avec ma femme, mes filles ? Si j’immigre au Vatican, dois-je me convertir ? Est-ce que je dois choisir mon camp dans cette dispute centenaire entre anglophones et francophones au Canada, juste pour m’assimiler, pour me sentir comme certains autochtones ? Est-ce que je dois considérer la sauvegarde du francais comme ma priorité numéro 1 ? Est-ce que je dois faire une dizaine d’enfants pour la démographie ?

    J’ai pas envie de rentrer dans ce jeu-là, est-ce que je suis si mauvaise “immigrante future canadienne” que ca ?

    Je ne suis de nature absolument pas patriotique, et je ne me reconnais pas dans des valeurs nationales en générales. En France comme au Canada… Je n’ai pas envie de me battre pour des valeurs qui pronent un peu trop souvent à mon gout l’exclusion d’une chose au profit d’une autre.

    Et justement, ce qui me plait au Canada, c’est cette mosaique de cultures qui se juxtaposent, qui échangent et empruntent l’une à l’autre. Certains diront que le Canada n’a plus d’identité, moi je dis que c’est son identité justement d’être différent.

    J’ai du mal avec les fêtes nationales, quelles qu’elles soient, les défilés militaires au pas de l’oie, les étalages de “chez nous c’est vachement mieux”. J’ai aussi du mal avec le concept de frontières, mais c’est une autre histoire… Est-ce que c’est du à mon héritage européen, un mélange de remords colonialiste mal digéré et des frontières de plus en plus poreuses et mouvante, avec la construction de l’Europe ?

    J’ai beaucoup voyagé, j’ai eu de la chance. J’ai vu des frontières, des morceau de bois en travers d’une route, des mecs de 16-17 ans avec des machette et des fusils. Sympa, le plus souvent. Mais on n’oubliais pas non plus que des gens étaient morts en voulant passer de l’autre coté de la route… et cette route paraissait la même pour nous, qu’on soit du coté sud ou du coté nord ! Pour nous, étranger, cela paraissait presque surréaliste, que deux pays si proches, que ce soit au niveau de la langue, de la culture, de leurs ancêtres, puisse ériger une frontière là qui cause tant d’ennuis et de malheurs.

    D’un coté de la frontière, la richesse, de l’autre, la pauvreté… Le Mexique et les USA, Hong Kong et la Chine continentale, la Bolivie et l’Argentine (quand y’a pas de crise économique…), Le Pérou et le Chili… Oui, j’ai du mal avec ce concept. T’as de la chance d’être né du bon coté… ou non. T’as pas demandé une frontière entre les peuples, mais tu l’as, là, et pas qu’en bois.

    Moi ca me dépasse. Ca m’a enlevé la fierté d’être francaise. Idem pour le Canada. Je suis contente d’y vivre, je serai bien obligée de chanter l’hymne un jour, mais je préfère me dire que tout ce que j’essaie de faire ici, ma petite vie, celle des gens qui m’entourent et de ceux qui croiseront ma route, bénéficiera à tout le monde, sans différence de peau, de nord/ sud ou d’origine.

    Share.

    About Author

    French woman in English Canada. World citizen, new mom, traveler, translator, writer and photographer. Looking for comrades to start a new revolution.

    2 Comments

    1. Wow Juliette, je vois que tu t’amuses bien a Ottawa…
      Tu t’en remets tjs pas d’avoir ete (ou d’etre encore ^^) une immigrante ou devrais je dire migrante ?

    2. L’éternelle question de l’immigration, de citoyenneté, d’intégration… La question reste la même, les réponses sont toujours différentes.
      Trés beau texte zhu 🙂

    Leave A Reply