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French battle

Written by on December 31, 2006 – 6:07 pm3 Comments

D’humeur blagueuse après la pause :
– Sais-tu pourquoi les femmes n’arrivent jamais à faire un créneau ?
– C’est quoi un créneau ?
– Ben c’est quand… quand tu te gare entre deux voitures, par exem­ple le long d’un trot­toir.
– Euh… oui, se par­quer en par­al­lèle…

Wel­come to my life. Les quipro­quos de lan­gage avec les Québé­cois et autres fran­coph­o­nes de la régions sont courants. Des deux côtés.

Notre prin­ci­pal sujet de dis­cus­sion est sou­vent les angli­cismes, où on s’accuse mutuelle­ment de déna­turer notre langue. L’expression étant que : «Les Française se gar­ent dans un park­ing… Les Québé­cois se par­quent dans un stationnement”

France 0 – Québec 1

Je fais mourir de rire mes étudi­ants quand je leur dit qu’on utilise des mots comme « man­ager » (ges­tion­naire), « week-end » (fin de semaine), « email » (cour­riel), « inter­view » (entretien)…

Ces angli­cismes ne me choquent pas, mais j’ai appris à les traduire spon­tané­ment en québé­cois. His­toire d’éviter de me faire repren­dre trop sou­vent. En effet, les angli­cismes français sont le plus sou­vent des angli­cismes lex­i­caux, des noms, ayant un sens en anglais (ou non ! – essayez de par­ler de « camping-car » à un anglo­phone…), qu’il est facile de remplacer.

Le français québé­cois, lui, peut-être extrême­ment pointilleux là-dessus. Au Québec, tout emprunt direct à l’anglais est sus­pect. Voire même quand on a besoin d’un vocab­u­laire spé­ci­fique : base-ball, short, steak… sont des mots d’origine anglaise, mais passés dans le lan­gage courant. On verra donc la tra­duc­tion lit­térale de cer­tains mots, chose bizarre pour un Français :

  • « Hot Dog » : chien chaud
  • « Stop » : arrêt
  • « Faire du stop » : faire du pouce
  • « Sand­wich » : sous-marin
  • « Chew­ing Gum » : une gomme
  • « Rollers » : patins à roues alignées

Même cer­tains mag­a­sins ont traduit leurs enseignes , comme le Ken­tucky Fried Chicken (KFC) qui est devenu Poulet Frit Ken­tucky(PKF). McDon­alds n’a pas été traduit (en quoi l’aurait-il été any­way…), par con­tre, on parle de « trio » pour un « menu », de « joyeux fes­tin » pour un « happy meal », de « McPoulet » pour un « McChicken » etc. Notez que le « Coca Light » est du Coke Diète »… un angli­cisme des deux côtés !

Quand je parle à un Québé­cois et fais référence à un mag­a­sin, j’ai tou­jours ten­dance à vouloir traduire l’enseigne, pour qu’on parle bien de la même chose. Des fois, ça aboutit à des quipro­quos… « Sta­ples » n’est pas traduit pas «Agrafes », mais pas «Bureau en gros » !

France 1 – Québec 0

Par con­tre, au Québec et en général pour les Cana­di­ens fran­coph­o­nes, si ça a l’air français… c’est que ça doit être bon. D’où une série régulière d’anglicismes sémantiques :

  • Pren­dre une marche (to take a walk) : se promener
  • Faire du sens (to make sense) : avoir du sens
  • Heures d’affaires (busi­ness hours) : heures d’ouvertures
  • Tra­vailler au troisième plancher (floor…) : tra­vailler au troisième étage
  • Ques­tion­ner une déci­sion (to ques­tion a déci­sion) : remet­tre en ques­tion une décision
  • Etre sous l’impression (to be under the impres­sion) : avoir l’impression
  • J’ai appliqué pour une job en com­plé­tant ce for­mu­laire (to apply for a job by com­plet­ing the form) : poser sa can­di­da­ture pour un poste en rem­plis­sant les formulaires
  • Cham­bre de bain (bath­room) : salle de bain, toilettes
  • Brûler des CD (burn a CD) : graver des CD

… Et que dire du savoureux « oui­i­iii… qui puis-je intro­duire ? », de cer­taines réceptionnistes ?

Le fameux accent québé­cois, je ne l’entends presque plus, quand mon inter­locu­teur vient d’une grande ville, comme Mon­tréal. Pour les per­son­nes plus âgées vivant dans des petits vil­lages du nord du Québec, là, je ne dis pas… Par con­tre, les struc­tures gram­mat­i­cales assez fan­tai­sistes m’interpellent par­fois, comme :

  • La répéti­tion du « tu » : « tu vas-tu bien ? »
  • Les con­ju­gaisons fan­tai­sistes : « j’vas y aller »

Ce genre de struc­ture n’est util­isé qu’à l’oral, la gram­maire québé­coise étant iden­tique à la gram­maire française, quelques excep­tions mises à part (comme la fémin­i­sa­tion des noms, tels « auteure », « pro­fesseure », cer­taines util­i­sa­tions du subjonctif…).

Cer­taines expres­sions sont typ­iques des fran­coph­o­nes canadiens :

  • « Vous faites quoi, vous aut’ » : ne vous sen­tez pas agressés… « vous autres », c’est juste «vous » !
  • Le fameux « bon­jour » pour dire « au revoir » : quand je tra­vail­lais dans un cen­tre d’appel, je ne com­pre­nais pas pourquoi mes inter­locu­teurs con­clu­aient notre con­ver­sa­tion par « et… bon­jour hein ! ». Avais-je été impolie et ne les avais-je pas salués, déjà ? Si, si. C’est juste que « bon­jour » est à pren­dre dans le sens de « bon jour », « have a good day », quoi. De même que « allô » veut dire « bon­jour », et pas qu’au téléphone.
  • Le « Bien-être social » (ou « BS ») : chez moi, BS veut dire « bull­shit », mais ici, c’est sim­ple­ment l’équivalent du RMI au Québec. Cette appel­la­tion, que je trouve très Orwelli­enne, peut aussi désigner en général quelqu’un qui est jugé assisté pas l’état.
  • Etre carté » : c’est se faire deman­der sa carte d’identité (enfin plutôt son per­mis de con­duire, la carte d’identité en tant que telle n’existe pas) pour acheter de l’alcool ou du tabac.
  • C’est cor­rec’ » : ça marche, c’est bon
  • « C’t’une joke » : je te charrie…
  • « Y’en a pas pantoute ! » : « pantoute » sig­nifi­ant « pas du tout »…

De même, cer­taines expres­sions typ­ique­ment française ne seront pas vrai­ment com­prises au Québec, par­fois pour des raisons culturelles :

  • « Bachoter » : vu que le Bac en lui-même n’existe pas en Amérique du Nord…
  • « SMI­Card » : idem, il n’y a pas de SMIC mais un BS
  • « Faire cramer quelque chose » : expres­sion sou­vent incom­prise ici
  • Nos jurons : quand un Québé­cois veut imiter un Français, il en ressor­tira au « putain », qui font tou­jours rire ici !
  • Idem pour tous les argots français (le ver­lan…) et les expres­sions emprun­tées de l’Arabe dev­enues courantes en France (« kif kif »…).

On stig­ma­tise tou­jours l’accent québé­cois en France, mais c’est finale­ment le vocab­u­laire (spé­ci­fique­ment québé­cois ou les angli­cismes) et les tour­nures de phrases qui m’ont le plus sur­pris. Comme quoi…

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3 Comments »

  • Val says:

    Tiens c’est mar­rant. Ca fait dix ans que j’habite en Angleterre et quand je ren­tre en France ma gram­maire fran­caise est ter­ri­ble… Le fran­cais que­be­cois me rap­pelle un peu com­ment je parle quand j’essaie de traduire de l’anglais en francais.

    Ca fait du sens?!!

    Val

    (j’ai trouve ton blog en suiv­ant des liens depuis ton temoignage sur Mondissimo)

  • Zhu says:

    Salut Val !

    Ton blog étant privé, je ne peux pas te répon­dre directe­ment… j’espère que tu trou­veras ce message !

    Oui, je com­prends com­plète­ment ton point de vue ! Ça me fait sou­vent bizarre d’écrire dans un français “de France” et j’ai l’impression de per­dre mon vocabulaire !

    Ce que tu dis sur le Québé­cois est très vrai. C’est exacte­ment ça… avec la prox­im­ité de l’anglais, beau­coup de choses sont des tra­duc­tions mal faites. Tu devrais voir les pan­neaux que je prends en photo !

  • Monica says:

    Tra­vailler au troisième plancher” — Jamais entendu ça moi!

    La répéti­tion du « tu » — Je déteste la phrase “ça se peut-tu”!!

    C’est vrai que les jurons français font tou­jours rire mon mari québé­cois. (“Ils sont cons les Français” il dit dans un faux accent français.) Pour­tant les “tabarnac” et les “hostie” sont tout aussi ridicules à mon avis.

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